installation pour l'espace public

Légendes

(réalité augmentée) création 2017

Conception et écriture Nicolas Heredia + régie générale Gaël Rigaud + Coproduction, accompagnement Résurgence, festival des arts vivants en Lodévois et Larzac / Pronomade(s) - Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Public en Haute-GAronne + Soutiens Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée (compagnie conventionnée)


+ La première escale du projet "Légendes" a eu lieu dans les rues de Lodève (Hérault) à l’occasion du Festival Résurgence, du 20 au 23 juillet 2017.
+ La seconde aura lieu avec Pronomade(s) - Centre National des Arts de la Rue, à Carbonne (Haute-Garonne), du 6 au 9 novembre 2019.


Sur le modèle des plaques commémoratives, Légendes est une installation éphémère pour la ville, qui se propose de commémorer non pas des gens célèbres et des évènements importants, mais des gens inconnus et des faits ordinaires.

Légender l’espace d’une multitude de légendes, donc.
Et, ce faisant :
- Appréhender l’environnement urbain, non pas dans sa supposée vérité historique, mais en tant qu’espace porteur d’une multitude d’intimités, et donc : de commun.
- Jouer de la friction entre le spectaculaire et l’intime : entre un médium qui attire l’oeil et l’aspect infra-ordinaire d’une écriture elliptique et sensible.
- Déployer l’installation dans la ville en près de 300 écriteaux : des micro-romans, du plus visible au plus subtil, sur les trajets de chacun et dans ses usages les plus quotidiens, pour inviter dans le jeu (et pour une fois) la totalité des habitants.
- Parvenir, peut-être, au paradoxe suivant : attirer le regard par tous les moyens, mais pour l’aiguiller (l’aiguiser ?) vers autre chose - non pas l’installation elle-même, mais tout le reste : le potentiel poétique de tout ce qui se produit autour de nous à chaque instant dans l’espace de la ville.

Point de départ : commémorer l’ordinaire
Le point de départ de Légendes, ce sont donc ces plaques commémoratives que l’on trouve partout dans les rues : '"Ici vécut Jean Moulin", "Ici vécut Marcel Proust", "Ici naquit Gustave Eiffel", et "Ici André Malraux acheva La Condition humaine". Comme mon travail consiste généralement à m’attacher aux détails, à ce qui, a priori, n’a pas d’intérêt, l’envie est venue de commémorer toutes choses pouvant faire la ville, dans le flux des passages quotidiens, dans le cycle des vies qui se succèdent dans un même espace : tout ces instants qui demeurent invisibles, tant qu’ils ne sont pas révélés, commémorés. C’est aussi ce qui donne au projet son sous-titre de réalité augmentée.

L’intime à grande échelle
D’un point de vue plastique, autant que dramaturgique, l’enjeu tient donc dans ce paradoxe : jouer de la friction entre le spectaculaire et l’intime. L’installation interpelle d’abord parce qu’elle crée un évènement qui transforme l’espace habituel ; puis elle raconte, en près de 300 micro-romans - condensés en une seule phrase - les infimes murmures de nos vies : les rencontres manquées, les regrets et les espoirs, les pensées inavouables, les rituels quotidiens et les solitudes juxtaposées. D’ailleurs, ce ne sont peut-être pas 300 micro-romans, mais 300 chapitres d’un seul roman...

Réalité et fiction
Pour revenir rapidement au sous-titre, réalité augmentée, il me plaisait aussi beaucoup parce que, outre la référence à la technologie numérique (pour cette installation constituée exclusivement d’objets concrets !), nous jouons du trouble entre réalité et fiction - comme souvent dans mon travail.
Pour Légendes, l’idée n’a jamais été de partir de témoignages, comme j’ai pu le faire avec d’autres projets. Au contraire : pour une fois, prendre d’une certaine façon les choses à l’envers. Ne pas partir d’un espace pour aller vers une écriture, mais partir d’une écriture pour aller vers un espace. Je me suis attaché d’abord à écrire cette sorte de roman-monde, donc, non contextualisé (ou plutôt : en attente de contextualisation) qui ne prendrait corps et chair que dans sa rencontre avec l’espace d’une ville, incluant les rues, les commerces, et même les passants en son sein - comme décors et protagonistes de fait. Et là opère le trouble avec la réalité : chaque Légende s’énonce comme une vérité, qui comporte une date et des initiales précises, et c’est cette ambiguité qui m’intéressait. Augmenter la réalité.


+ AUTRES DATES A VENIR :
+ Pronomade(s) - Centre National des Arts de la Rue et de L'Espace Public - Haute-Garonne : Du 6 au 9 novembre 2019, Carbonne (31)...
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